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Exposition « Tahiry » d’Alfred Razafinjohany

Exposition « Tahiry » d’Alfred Razafinjohany

Sandra Razafinjohany a décidé de rendre hommage à son père, à travers une démarche plus intelligente, plus noble, plus subtile, plus pérenne…

 

 

C’est au restaurant « Le Sud », sis au 21, rue du docteur Villette et géré par Jean Michel que Sandra a choisi d’exposer une trentaine des œuvres de son père, Alfred Razafinjohany. Œuvre retirées dans des malles longtemps fermées. Tenants et aboutissants de cette exposition vente « Tahiry ».

Jean Michel, gérant du restaurant « Le Sud », en maillot de foot-ball brésilien, se demandant s’il n’a rien oublié

 

L’accueil de l’ambassadeur d’Allemagne, Wolfgang Moser, le seul diplomate venu honorer de sa présence cette exposition d’un maître par trop méconnu. Ben, les absents auront toujours tort.

 

Discours pour l’exposition intitulée « Tahiry », composée d’une trentaine des œuvres de Maître Alfred Razafinjohany (1913-2001)

 

Sandra Razafinjohany et Jeannot Ramambazafy à la présentation

 

Mesdames et Messieurs, bonsoir !

Merci de votre présence à toutes et à tous. L’évènement pour lequel nous sommes réunis dans ce décor convivial, entre dans le cadre de ce que j’appellerai la mémoire culturelle de Madagascar. Intitulée « Tahiry », cette exposition d’une trentaine de tableaux est lourde de signification. Littéralement, ce mot signifie épargne, dans le domaine économique, mais aussi conservation, archives mais surtout héritage dans le contexte présent. En fait, le mot « Lova » aurait été plus adéquat car lié à la transmission d’un savoir, d’un savoir-faire pictural héréditaire. Pourquoi cette exposition ? D’abord pour découvrir ou redécouvrir un artiste malagasy très méconnu mais dont quelques œuvres picturales significatives, pourtant, passent de mains en mains depuis presque un demi-siècle. Voyez seulement le laboureur frappé sur les pièces de 20 et 10 ariary ou encore le timbre poste baptisé « Côte Est ». C’est pour cela que Maître Alfred Razafinjohany peut être considéré comme un Monument de LA Culture et de l’Art plastique malagasy. Vous trouverez, d’ailleurs ici, une biographie succincte de l’artiste. Ensuite, parce qu’il ne s’agit pas d’une finalité à caractère mercantile, pour se faire uniquement des sous à la veille des fêtes de Noël et de fin d’année. Non ! Il ne s’agit que d’une étape vers un objectif plus intelligent, plus noble, plus subtile, plus pérenne. La gloriole et le fric n’étant que des situations et du m’as-tu-vu aussi périssables que les denrées du même nom… Ici, permettez-moi de placer une sentence personnelle. Je suis venu épauler Sandra et sa famille parce qu’il vaut mieux être et exister que paraître sans devenir.

 

 

 

Cela dit, le but de cette exposition n’est qu’une étape vers l’édition d’un ouvrage qui réunira à la fois le parcours et les grandes œuvres de Maître Alfred Razafinjohany. Il s’agit-là d’un vœu cher à toute la descendance de Maître Razafinjohany (dans le monde de l’Art, en général, on ne dit jamais feu untel ou feue unetelle) qui s’est regroupée dans une association dénommée « Ranjo » dont les chefs de file sont Hugo et Sandra. Mais une partie du produit de la vente des tableaux accrochés en ce lieu, 10%, sera reversée à l’Ong Groupe Développement pour l’appuyer dans son projet « Ankizara », dont l’objectif, depuis 2007, est de venir en aide aux enfants travailleurs et aux enfants des rues, par le biais d’organisation d’ateliers artistiques.
Enfin donc, Sandra n’est pas la vedette de la soirée… Mais il ne serait pas convenable de ne pas rappeler qu’elle est l’artiste plastisticienne reconnue qu’elle est actuellement grâce aux conseils avisés et suivis de son papa qui a fait un passage terrestre de 88 ans. Et elle a de qui tenir.

 

 

Concernant la technique, Maître Razafinjohany a utilisé, pour base, l’aquarelle et surtout l’encre de Chine qui est plus incisive, plus expressive. Ces tableaux sont le témoignage de scènes qui ont été observées durant les missions de l’auteur à travers la Grande île, en tant que technicien principal et dessinateur de l’Institut de Recherches Scientifiques à Madagascar ex-ORSTOM et actuel IRD, dans la section Botanique et Géophysique. Ils traduisent un mode vie social unique qui fait émerger le syncrétisme même de la Culture malagasy.

 

Sandra Razafinjohany et l’ambassadeur d’Allemagne, Herr Wolfgang Moser

 

Vous admirerez des paysages, des personnages empreints de ce syncrétisme à travers des couleurs ombrées, peuplées. Par exemple, « La circoncision » et « La scène du marché » sont tout de réalisme et ce sont des évènements qui existent encore de nos jours. Ce réalisme effectif, du à une technique parfaite de l’utilisation de l’encre de Chine, va s’imposer à votre regard, mêlé à des fragments de mémoire personnels de l’artiste. Maître Alfred Razafinjohany nous livre, ici, son imaginaire où se dégage l’âme épanouie d’un artiste qui pense avec les mains et parle avec ses yeux remplis de luminosité, de réalisme détaillé, bref animés de vie.

 

Pour conclure, je reprendrais les phrases de M. Yves Delorme, alors directeur par intérim du Service général de l’information :

 

« Je souhaite à cette exposition plein de succès que lui mérite largement le réel talent de cet artiste sincère, animé de l’amour du beau et du désir de faire vrai ».


Jeannot Ramambazafy
« Le Sud », Isoraka, le 19 décembre 2008

Qui est Alfred Razafinjohany ?

Alfred RAZAFINJOHANY, Artiste peintre  plasticien

 

 

1926 : Né en 1913, il est un ancien élève à l’école des Beaux Arts d’Antananarivo où il a suivi des études artistiques : dessin, peinture, sculpture, gravure, céramique, décoration... Ancien élève de l’école Le Myre de Villers. Cette école a été créée par Copalle au XIXème siècle. M. Razafinjohany y faisait office de portraitiste officiel des souverains Malagasy
1931-1935 : Formation à l’atelier d’Art Appliqué Malgache
1937-1956 : Secrétaire général de la Société des Artistes Peintre Malgaches (SAPSM)
1936 : Chef décorateur à l’atelier céramique Malgache au Palais de la Reine au Rova de Manjakamiadana
1939 : Exécution de fresque dans la salle de cinéma dans l’école Le Myre de Villers
1939-1956 : Représentant de la tournée mensuelle d’expositions dans toutes les régions de Madagascar
1940-1944 : Fabricant de piles électro -chimiques à l’école Industrielle d’Antananarivo
1947 : Diplômé d’honneur sur l’Art plastique : gravure, peinture, sculpture, céramique...
1949-1973 : Technicien principal et dessinateur à l’Institut de Recherches Scientifiques à Madagascar ORSTOM (Section Botanique et Géophysique), actuel IRD
1958 : Participation à la 5ème Exposition Internationale à la Galerie Municipal des Arts (TUNISIE)
1960 : A contribué à l’étude des « Aeranthes » ORCHIDAGEAE de Madagascar avec ses collègues Mme J.TOILLIEZ- GENOUD, E.URSCH et J.BOSSER
1965 : A réalisé un panneau large, ornant le théâtre municipal d’Isotry, où il a été consacré « Maître » par le maire d’Antananarivo de l’époque, Richard Mahitsison ANDRIAMANJATO
1969 : La vraie consécration de sa carrière d’artiste vint lorsque la poste malgache décide de lancer le timbre baptisé « Côte Est», inspiré de l’une des ses œuvres qui, mais malheureusement, a disparu dans l’incendie du Palais de la Reine en septembre 1995
1984 : Son œuvre la plus connue, « chasse au sanglier », a été sélectionnée lors du concours organisé par le ministre de la Culture. Elle est visible à la Bibliothèque Nationale à Anosy
1984 -1995 : Exposition collective permanente à la Galerie 6 Analakely
1986 : Participation à la 2ème Rencontre sur les Arts plastiques au CITE Ambatonakanga

1989 -1994 : Exposition privée dans les résidences des Ambassade d’Antananarivo : (Japon, France, Allemagne, Suisse, Algérie, Américaine,…)
1997 : Dernière exposition en solo à Bruxelles, organisée par son ami de l’Union Européenne à Madagascar, Gaspard Dûnkelshbûler et son épouse à l’ALZAGALERIE de Bruxelles.
Maître Razafinjohany a collaboré avec plusieurs représentations diplomatiques comme l’ambassade de Suisse (Intercoopération), l’Ambassade de l’allemand (GTZ), Ambassade de France (IRD), la WWF…

Maître Alfred Razafinjohany est spécialiste de la faune et de la flore, ayant illustré des éditions scientifiques sur la biodiversité à Madagascar. Il a aussi édité des manuels de dessins destinés à l’enseignement, est l’auteur illustré du laboureur frappé sur les pièces de 20 Ariary et 10 Ariary et reproduit sur d’anciens billets émis par la Banque Centrale.
Maître Alfred Razafinjohany est titulaire de 12 honneurs (système honorifique du temps des royautés), ainsi que des grades de Chevalier, Officier et Commandeur de l’Ordre Nationale Malagasy. Il décède en décembre 2001.

De gauche à droite
Debout : MM. Razafinjohany Alfred, Ralison, Ranjato Bernard, Ralison J.P., Rakotoarison J.B., Mme Rasoamananjara, Melle Ramiariarisoa Edmée, M. Rakotoarison Mamy, Melle Rabiaza Rakotomavo, Mme Ravololomanga Florine, M. Rabemananjara B.
Assis : MM Rasamoelina Albert, Ralambo Emile, Andriamampianina Lucien, Razafintseheno J., Ramamonjisoa

Membres fondateurs :
J. Rakotoanosy, J. Razafintseheno, G. Rakotovao, S. Rahamefy, G. Razana-Maniraka, A. Rasamoelina, L. Rasamizanany, J. Ramanankamonjy, R. Rasolomanitra, L. Rajohnson, L. Andriamampianina, F. Ravololomanga, E. Ralambo, J.C. Randriamampita, Ranivoson

Composition du Comité en 1961
Président : L. Andriamampianina
Vice-Président : J. Rambinintsoa
Trésorier : L. Rajohnson
Secrétaire : A. Razafinjohany
Secrétaire adjoint : B. Ranjato
Conseillers : J-B. Rakotoarison, V. Ratovo

A présent, quelques clichés du vernissage de cette exposition qui s’achèvera vers la fin du mois de janvier 2009.

L’ambassadeur Wolfang Moser est un fin connaisseur et possède un sens de l’humour assez poussé. Il aime ce qui est authentique et privilégie les gens qui sont sérieux sans se prendre, pourtant, au sérieux. Bref, une définition de l’Artiste avec un grand A

« Le Sud » est un restaurant très convivial avec un décor qui, comme son nom l’indique, privilégie les symboles de la civilisation du zébu des Malgaches du Sud où la vie est rude

Une invitée qui n’a pas voulu rater cet évènement minimisé par le ministère de tutelle qui n’a pas daigné envoyer des représentants. Effectivement, nul ne sera jamais prophète en son pays…

Un décor très convivial pour une exposition d’exception. Mais en ce vendredi 19 décembre 2008, soirée du vernissage, l’absence dédaigneuse de très nombreux invités n’a rien eu d’exceptionnel quant à leur perception de l’art malagasy authentique à Madagascar même. Et la pluie n’était pas une excuse. Heureusement que madagate.com était là pour s’impliquer et laisser des archives à la postérité

Quelques membres de l’association familiale « Ranjo » des descendants du maître Alfred Razafinjohany

Au centre, Agnès Clausse du projet Art Mada du Service de Coopération et d’Action Culturelle de l’ambassade de France. Au moins, elle est venue, elle…

Avec l’ambassadeur Moser, nous parlons de projets d’avenir. Des projets culturels évidemment… Danke schön, Herr Ambassador et bonne année 2009 à tous

Reportage : Jeannot RAMAMBAZAFY - Journaliste


Mis à jour ( Mardi, 17 Novembre 2009 10:38 )  
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